Des nouvelles de Vision Montréal

Avant hier, j’étais à l’anniversaire d’un ami et ex-confrère politique. (une personne qui m’a beaucoup apprise aussi)

Et j’ai eu la chance de discuter un peu avec une personne très impliquée dans la campagne de Louise Harel.

Il connait mon point de vue sur les médias sociaux et les partis politiques. Et l’échange s’est révélé intéressant à bien des niveaux:

Premièrement, il considère que l’audience cible des partis politiques, c’est à dire ceux qui sont le plus enclins à aller voter (et qui sont majoritaire dans la population), ne sont pas très présent sur les réseaux sociaux.

C’est relativement vrai. Certes, l’internet n’est pas un outil natif dans leur environnement, mais tous ceux qui ont un ordinateur savent se servir de Google et cliquer sur des hyperliens. Ils n’ont pas forcément le réflexe d’interagir, mais ils lisent et ils ont, en général, LE TEMPS de le faire. Ils peuvent donc suivre de longues discussions sur le web quand la plupart du monde survol après quelques reply. De plus, les médias traditionnels se servent de plus en plus de ces nouveaux médias pour aller chercher, consolider ou enrichir leurs informations.

De plus, les réseaux sociaux peuvent justement aller chercher les personnes qui iraient voter, si seulement elles n’avaient pas l’impression de voter pour de parfaits inconnu(e)s. Si s’engager auprès de sa base en allant serrer des mains est pertinent, pourquoi ne serait-il pas pertinent de s’engager en ligne? Mathieu Turbide le mentionne d’ailleurs, Michelle Blanc aussi. Mais mon point n’est pas ici d’affirmer que des contacts virtuels peuvent remplacer le contact humain. Mon point c’est de dire que que les médias sociaux, en s’y engageant peuvent être une excellente arme contre le cynisme, et particulièrement contre l’attitude passive des jeunes qui vivent depuis qu’ils sont nés dans un monde ou les marques sont omniprésentes. Ils filtrent l’information de façon totalement naturelle et décodent mieux que quiconque une publicité. Ils ne répondent plus qu’a l’authenticité et à leurs codes de langages.

Deuxièmement, cette personne considère plus rentable de passer par les canaux traditionnels que de faire de l’expérimentation sur le web.

C’est une vision erronée de la chose, à mon humble avis. Je parlerais de la contextualisation de l’information prochainement, mais en attendant, considérons que le coût d’une publicité télévisée pourrait facilement être investit dans plusieurs employés à temps plein surfant et animant la toile. Un message publicitaire passant par les canaux traditionnels s’adresse à des groupes de population  déterminés par des paramètres assez généralistes tels que le revenu annuel moyen, une certaine condition sociale et familiale, un certain niveau d’éducation ou un intérêt particulier comme un style de musique…

Notre société est atomisé. Il existe en effet des segments de consommateurs tels que les Gastrosexuels, les Geeks ou en dans des termes moins laconiques, les flaneurs, fidèles et pro-marques. Les partis politiques ont leurs propres groupes cibles, souvent segmentés par des critères bien plus simples et rationnels. Les médias sociaux permettent aujourd’hui d’aller réunir des sous-groupes de chaque catégorie et d’interagir avec eux. Au lieu de faire un groupe sur les jeunes, je recommanderais plutôt de faire des groupes sur différents sujets qui touchent les jeunes.

On s’assure ainsi de ne pas embêter ceux qui se moquent d’avoir une île sans fil, tout en se tenant informé de ceux qui voudraient voir plus de budget dans les arts et spectacles. Comptez une à deux heure de gestion par jour pour chaque groupe (facebook, pour l’exemple)… Plus si un groupe est particulièrement réactif. Est-ce compliqué? Non.

Et dernièrement, on m’a dit que je devrais m’impliquer dans un parti si je veux voir cela arriver. Ma réponse à ceci est simple: les changements de structure organisationnelle et des mentalités nécessaires pour arriver à cette pratique communicationnelle demande d’être prêt à le faire. Je ne crois pas qu’on puisse imposer un schéma à quelques organisations que ce soit. La volonté doit être là, avant tout et elle doit venir d’en haut. C’est comme ça que ça marche avec mes clients, je ne vois pas comment cela pourrait être différent avec un parti politique. Je suis sûr que le jour où on m’appellera, ces personnes seront prêtes à faire les efforts qui s’imposent. (Mais j’adorerai pouvoir me mettre au service d’un parti politique sur ce sujet… qu’on se comprenne :P )

PS: parce que la personne en question ne s’adressait pas à moi dans un contexte officiel ou officieux et que ça s’arrêtait à une bonne discussion autour d’une bonne bière. Je ne mentionne pas son nom. Mais il se reconnaîtra ;)

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Jeune spécialiste des médias sociaux de Montréal qui croque dans l'internet à pleines dents.
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